LE MIRAGE CERULEEN

- Je pense que tu devrais jeter un oeil sur ceci, dit une voix doucement pénétrante.

Christiana leva la tête, agacée. Comment ça se faisait que la Mère Amalthea ne se sentait pas concernée par l'obligation de se faire annoncer par les domestiques ?Mais, cela avait toujorus été le cas, et c'était sans importance, étant donné qu'elles partageaient le même secret. Il ne s'agissait pas d'un manque de respect de la part de la Mère, elle était au-dessus de telles considérations. C'était comme cela, point. Le vrai problme ne venait pas de l'arrivée inattendue de la Mère Amalthea, mais du fait que depuis quelques minutes, Christiana devenait de pous en pus tendue et ne put s'empêcher de sauter au son de la voix.

Ce n'était pas la faute de la Mère, c'était là faute à lui.

Christiana jeta un regard vers le jeune homme affalé dans un auteuil près de la fenêtre. Une attirance puissante et répugnante perçait son irritation. Elle ne l'aimait pas tout en faisant de lui son héitier, malgré la désapprobation de la Mère Amalthea, parce qu'elle n'avait pas en tête une fille convenable; Il n'y avait pas de telles filles dans la famille, surtout pas la fille de Lexis, et c'était impensable d'envisager une fille en dehors de la famille. Elle voyait bien la logique du point de vue de la Mère Amalthea, bien sûr, mais il n'y avait pas d'autre choix.

 


CHE'AYA

Extrait 1

La lumière de la lune se déplaça légèrement et colora la joue de Josh d'argent. Josh soupira.

- Parfois j'aurais préféré ne pas être au courant de lui.

- Oui, mais tu te sentirais mieux ne sachant pas pourquoi tu ressens tout cela ?

Il y eut un silence et la t$ete fit un signe négatif.

- Non, je devrais savoir pourquoi, mais quelque fois c'est trop dur. C'est ma moitié !

Ethan soupira; Il avait beau essayer, il n'arrivait pas à imaginer ce que cela faisait de savoir q'uil manquait une partie de soi-meme, de ne jamais se sentir entier.

- Le ciel est rouge, dit Josh.

De la poussière de fer - ou bien un soleil rouge, se demanda Ethan.

- Il est si fatigué. Josh avait l'air perdu et sa voix chavira. Et on lui fait du mal. On le force ... !

- Arrête ! Arrête, ça me fait mal aussi.

- C'est mon frure, mon...

Un blanc remplaçait le mot. Il était son quoi ? Josh essaya de formaliser le concept.

Je ne le connais pas et pourtant je le connais. Tout au fond de lui est la personne qu'il pourrait être mais quand j'entre il n'y a rien. Rien à trouver. Où es-tu, mon frère ? Ne me reconnais-tu pas ? Je suis toi !

Arrêtez ça : Arrêtez de lui faire du mal ! ARRETEZ !

- Ils lui font du mal ! gémit Josh. Mon Dieu !

- Arrête. Laisse-le.

Pour ton propre bien. Pour le mien.

- Je ne peux pas. C'est pire apr-s uyn rêve. Je n'arrive pas à tout laisser comme quand je vais le trouver moi-même/

Le trouver moi-même ? Ethan sentit ses cheveux se dresser.

- Dis Josh, t'es en train de dire qu'il ne s'agit pas seulement de rêves ?

Josh leval son visage, les larmes luisant comme des diamants. C'est... c'eest... Cela ne fait pas longtemps que je le fais. J'ai essayé un soir. J'ai essayé" de ... Il cligna les yeux, tentant de trouyver le terme approprié... de l'atteindre. Et il était là. Sauf qu'il ne l'est pas, finit-il, la voix basse.

 

Extrait 2

Il ey eut un jour qui, quand il regarda en arrière, changea la vie de Te'iret. Jusque là, Te'iret n'avait aucune idée qu'iel ne correspondait pas à ce qui était la norme. La notion d'identité collective des Che'aya ne permettait pas de tels concepts, alors iel ne s'était jamais demandé si sa façon de vivre était vraiment normal. Mais ce jour-là, le jour où iel avait regardé des i'agr et vu des oiseaux, iel avait eu le premier indice. Il s'était passé encore du temps avait qu'iel ne comprenne la signification de cet incident, mais lorsqu'iel l'avait compris, iel savait qu'iel ne l'oublierait jamais. Iel avait vécu ici, à l'endroit qu'iel connaissait sous le nom de Séminaire, depuis le jour où iel avait complété quatorze ronds de planète de vie et avait cessé donc  d'être un Nourisson chez ses parents et était devenu un Enfant, prêt à êtree éduqué. La transition avait été facile, et adhérait aux conventions normales; Tout comme ses parents avaient été heureux de voir iel pasrtir, iel avait été content de les quitter. Iel était prêt, iel n'était plus un bébé ; iel avait besoin d'instruction, pas de soins.

Un jour, son parent maternel avait emmené iel au centre d'assignation et, après les tests habituels physiquyes et psychiques, on avait emmené iel ici, un Séminaire semblable à tant d'autres.

C'est ce qu'iel avait cru.

 


LE SAUT

 

- Heu... Monsieur ? Leur attention fut attirée par la voix du 2nd Officier ....

Gérard se tourna vers lui. Toma vait l'air totalement désorienté. Il appuyait sans relâche sur des touches devant lui et regardait son écran comme s'il ne croyait pas ce qu'il y lisait.

....

- Je sais que tout fonctionne, ça fonctionnait bien avant, et je n'ai jamais connu de pabnnbes qui arrivent pendant qu'on est en hyperespace ..... C'est le silen ce. Il n'y a pas le bruit habituel des communications. Il n'y a pas de réaction du GC. En fait, je n'arrive pas du tout à me connecter à qui que ce soit.

Gerard se retourna. Effectivement le silence autour d'eux était inhabituel. Normalement, lorsqu'ils entraient dans l'espace Sol, leurs systè_mes de communication captaient un bruit de fond.

....

- Tu dis que tu n'arrives pas à contacter le GC ?

- Personne ner répond, Monsieur.

- Fais voir.7Gerard mit un récepteur dans son oreille. Efffectivement le silencde était assourdissant. Comme s'ils étaient encore en hyperespace.

....

La Terre brillait devant eux, trop loin pour que les continenbts puissent être discernés, mais les voyageurs connaissaient son apparence par coeur. On ne pouvait pas se tromper sur la planète.

- Bon, on va se mettre en orbite comme d'hab et faire le tour. Il y a peut-être une panne générale à Rima, mais on captera ailleurs.

....

L'Antarès se mit en orbite

- Attends, là, je deviens vraiment fou ! fit Tom tout à coup. Elle est où, la lune ?7- Bah, de l'autre côté, répondit Mel. Evidemment.

- Non, elle doit être de ce côté. J'ai vérifié, protesta Tom. Elle figure ici sur la carte, regardez, mais elle n'est pas là. On est arrivé comme il faut, exactement aux bonnes coordonnées, alors elle doit être là, à notre droite. Mais elle ne l'est pas.

 


LA ROUE

Extrait 1

Julien Layton, Lieutenant Commandant, lui l'introduction.

- Alors on se coltine deux extérieurs, commenta-t-il. Voilà qui va changer des choses.

- Ah bon ? fit Solveig Bergen, 1er Officier, traversant la pièce.

Julien lut les noms.

- Dr Axel Bauden, dit Solveig avec un petit sifflement. Directeur... bon ssang, on va avoir une vraie grosse tête. Regarde ses qualifications ! C'est un professeur d'université. Voici sa photo. Ma foi ! Ca, c'est un prof d'université ?

- Il ne ressemble pas à une grosse tête, n'est-ce pas. Il a quel âge. Trente-quatre ans ? C'est tout ?

- C'est marqué ici qu'il est handicapé physiquement.

La mâchoire de Julian se décrocha. Tu veux dire qu'on nous envoie - l'ASI nous envoie - quelqu'un qui est handicapé physiquement ? Tu rigoles ? C'est une blague !

- Il a une liste de qualifications longue comme le bras.

- Mouais, mais bon, coùment est-ce qu'on doit réagir à ça ? C'est un vol intersidéral ASI pour un projet militaire, bon sang !

Solveig haussa les épaules. Sans doute on nous le dira. Ils arrivent dans quinze jours à peu près.

- Bon Dieu, j'aurai tout vu, soupira Julian.

La Comm bipa et le visage grave d'Adrienna Menders, Commandante, parut.

- Julian, je viens de recevoir un communiqué concernant un cargo d'équipement télématique et autre qui va arriver la semaine prochaine pour le laboratoire. Bien, on s'attendait à cela, mais certaines des pièces et les instructions qui les accompagnent concernent l'infrasture déjà ontée, et je ne vois pas pourquoi il faut faire les modifications. J'ai besoin de savoir pourquoi, pour des raisons de sécurité.

- Donne-moi un exemple, dit Juilian.

- Tous les systèmes d'ouverture des portes, d'ascenseur et tout ce qui fonctionne à un niveau au-dessus d'un mètre quarante du sol doivent être équipés d'un récepteur préprogrammé avec un signal spécifique pour pouvoir fonctionner à distance. Je dis bien tous. C'est qui ce Dr Bauden ? C'est lui qui envoie tous ces trucs et qui demande les modifs.

- Tu n'as pas vu la liste du personnel pour le projet ? Il est détaché de l'Université de Canberra pour travailler sur les télématiques.

- Mon Dieuy, un intellecctuel. Aucun esprit pratique, je suppose.

- Eh bien, en fait, dit Jiudlian pensivement. Je pense qu'il est très pratique. Au-dessus d'un mètre quarante, tu dis. Il tendit la main à ce qu'il jugea être à ce niveau. Tiens ta main là, Solveig, je vais m'asseoir... ou, et au-dessus présenterait un problème.

- De quoi tu parles, Julian ? demanda Adrianna.

- Eh bien, Adrianna, pour ton information - et là, tu vas être aux anges - ce Dr Bauden est dans un fauteuil roulant.

 

Extrait 2

Lachlan l'accomdâgna vers le champ et le regarda y enter. Un instant plus tard, le champ d'énergie prit vie. Les lumières entourèrent les cannes et les montèrent, entourèrent les mains d'Axel puis montèrent ses bras avant de partir vers la roue et revenir. Axel se tourna vers Lachlan qui le regardait, ses yeux remplis d'anxiété. Cette fois, Vassily portait les holo-verres et les gants connectés aux ordinateurs et à Axel.

- Jusqu'ici tout va bien, dit Axel.

Et puis ce n'était plus le cas.

Ils virent les lumières passer derrière son crane et le cirent vaciller.

%pn Dieu, j'ai envie de vomir, souffla Axel quand les lignes partirent en flèche vers les coins de la roue pour revenir, s'entrelaçant de façon à ce que l'espace entier se remplissait. Il regarda ces lignes de lumière avec un mélange de fascination et de crainte. Il avait du mal à contrôler la nausée et il se pencha. Pourtant il ne put vomir. Il s'appuya sur ses cannes, ses sens secoués par ses émotions conflictuelles.

Et puis il la vit. Il ne peut s'empêcher de crier. Devant lui était parue une entrée. C'était visiblement une entrée.7Je ne peux pas l'ouvrir, pensa-t-il, paniquant. Je ne peux pas tendre la main.

-Aide-moi ! souffla-t-il avec difficulté.

Elle attendait qu'il fasse quelque chose, et il ne pouvait pas.

-Je ne peux pas ! Je ne peux pas le faire !

Elle ne le comprenait pas. Elle pensait qu'elle lui avait donné les clés. Elle ne comprenait pas pourauoi il ne les utilisait pas.

Il vacilla.


NEANDER

Extrait 1

Stuart Brennan s'assit et regarda les personnes assises autour de la table.

- Alors, dit-il. Qu'est-ce qu'on a ?

- Difficile à dire, dit Matthew Causon. C'est évident que ça fait un moment qu'ils sont en hiber. Je ne sais pas s'ils avaient programmé une durée de temps, mais notre approche a manifestement enclenché le déshib.

- La programmation par défaut, commenta Stuart. Comme ce fut le cas pour nous.

Il ne put s'empêcher de jeter un oeil vers Andres Reinstat.

- De toute façon, poursuivit Matthey; Nous avons une équipe qui veille sur eux.

- Et on a mis leurs armements sous scellés, ajouta Ari Calder.

- Ils vont avoir un choc, dit Stuart.

Il y a longtemps, il aurait prononcé ces mots avec un plaisir teinté de méchanceté. Mais maintenant après tant d'années, tout ce qu'il ressentait c'était du soulagement qu'enfin ils avaient rencontré un autre vaisseau, ainsi que du souci pur les occupants.

Andres poussa la tablette sur la table.

- Dommage qu'on ne peut pas le lire, dit-il. Il faut la recharger.

Stuart la ramassa. Il y a suffisamment d'énergie ?

Maqtt secoua la tête. On en a besoin pour les faire sortir de l'hibernation en sécurité.

Stuart acquiesça. On verra ce qu'on pourra faire après. Et à ce moment-là nous n'en aurons peut-être pas besoin puisque nous pourrons leur parler.

- S'ils veulent bien nous parler, commenta Ari.

- Ils n'auront pas le choix. Quand ils sauront que tout ça a disparu pour toujours et que nous sommes tous dans le même bateau, penses-tu vraiment qu'ils vont continuer les hostilités ? demanda Andres.

Ari haussa les épaules. Je pense que nous avons eu suffisamment de preuves que l'espèce humaine est capable de débilité.

 

Extrait 2

Lorsqu'ils arrivèrent au centre de communications ils y trouvèrent un silence lourd. les visages de tous ceux qui y travaillaient sur la réhabilitation de tous les systèmes de communication étaient pales et graves. Ils avaient l'air d'avoir pleuré.

- Regardez ceci, dit Andres faisant défiler les enregistrement. Ilias remarrqua ses mouvements légèrement saccadés. Voici leurs communications avec la Terre à notre sujet.

- Ils tous les registres de l'Orien maintenant, je vois, dit Stuart. Alors ils savent qui nous sommes. Oh, et voilà les gens du Cargo.

- Nous n'avons pas parlé des gens, seulement du vaisseau.

- Non, mais ils ont eu la référence du vaisseau à partir des inscriptions toujours sur les murs. Facile de faire des recherches après.

.....

- Ce que je n'aime pas ce sont les instructions. Andres fit défiler des pages.

- alors c'est pour cela qu'ils voulaient tout connaître sur nos familles maintenant. Stuart tira sur sa lèvre. Des infos que je ne leur ai pas données pour l'instant.

- Et puis il y a ça. Andres ouvrit un nouveau dossier.

Il contenait une série de photos extraites du film qu'avait fait le Lt Commandant pendant la visite. Les images les montraient dans des groupes ou individuellement, une légende codée sous chaque image. Andres en indiqua une et regarda Elias.

- Si cela ne parle pas tout seul, c'est que je suis un idiot.

Stuart gémit. 

- Mon Dieu, je vous avais dit d'être discrets. J'espérais qu'ils allaient penser que Tahl et toi étaient ensemble, vu la façon que vous avez de travailler ensemble. Par exemple, il y a celle-là. Vous avez l'air vraiment ami-ami.

- Ben, on est des amis, dit Andres. Mais on ne savait pas qu'ils filmaient à ce moent-là.

- Cela pourrait vouloir rien dire, dit Stuart.

- Ah oui ?l Andres sortit du dossier et fit quelques clics. Voici un doc sur la société lo-bas.

Ils regardèrent.

 - Je n'ai pas combattu pour ça, murmura Tahlea. Ils ont régressé. C'est pire qu'avant.

- Ou bien nous avons progressé, dit Stuart. Je pense que nous avons progressé.

- Mais ce n'est pas tout, dit Andres. J'ai téléchargé la fin de la guerre. Je voulais savoir ce qui était arrivé, comment ils ont fait.

Il se tut.

- J'aurais mieux fait de ne pas vouloir savoir, chuchota-t-il.